Salut à tous,
Désolé de vous avoir laissé sans nouvelles aussi longtemps mais j’ai été quelques peu charrette ces derniers temps.
Alors pour reprendre depuis le début.
Le Car Market
Une fois les magnifiques célébrations du nouvel an passées nous trouvons enfin de la place dans un backpacker de Sydney le 03 janvier et sitôt installé nous vidons le van entièrement et après un ménage complet nous filons au car market le mettre en vente non sans un petit pincement au cœur.
Et nous nous installons pour une longue semaine d’attente dans cet endroit pour le moins glauque : un niveau entier d’un parking souterrain réservé aux travellers vendant leurs vans ou leurs voitures.
Après une semaine passée sans voir la lumière du jour et à perdre la notion du temps nous vendons finalement notre cher « red van » à un couple de français (compatriotes inside) très sympa.
Let’s go to Melbourne
Après avoir attendu quelques jours le temps que nos acheteurs effectuent les virements bancaires nécessaires à l’achat du van (au passage vive les banques et l’administration française) nous prenons un bus direction Melbourne avec la ferme intention de s’installer là-bas et de trouver femmes, boulots et appartement en attendant la venue de nos parents respectifs en mars.
Nous passons donc péniblement 15h dans un bus correct en soi si ce n’est une climatisation réglée sur « mode igloo » qui m’a permis d’arriver à Melbourne au petit matin avec une angine (merci la compagnie de bus trop gentil fallait pas !).
Et en arrivant à Melbourne nous avons la désagréable surprise de découvrir qu’absolument TOUT les hôtels, backpackers ou b&b sont complet en raison de … l’Open d’Australie (oui oui tout ça pour du tennis). Et bien sur étant parti de Sydney en se disant « c’est bon les fêtes de fin d’années sont passées y a pas besoin de réserver c’est sur il y aura de la place » on se retrouve à déambuler dans Melbourne à 6h du matin avec tout nos sacs passant de backpackers en backpackers enchaînant les refus.
Finalement après plusieurs heures passées à arpenter la ville nous finissons par dégoter un backpacker où nous payons la modique somme de 35$ (each) pour un dortoir de 8 (c’est vraiment du foutage de gueule) et malheureusement disponible uniquement pour une seule nuit. Nous acceptons n’ayant pas vraiment d’autres solutions.
Après avoir « enjoyer » une bonne douche nous partons CV à la main à la recherche active d’un boulot.
Pour cette première journée de recherche nous nous contentons d’un simple repérage afin d’établir à l’aide d’un plan de la ville un trajet précis regroupant les endroits stratégiques susceptibles de nous embaucher.
Et nous finissons par nous coucher de bonne heure en raison du manque de sommeil de la veille (compagnie de bus de m****) au milieu de 6 hollandais ronfleur et péteur (alala les ambiances auberges de jeunesse qu’est que ça ne manque pas une fois qu’on les quittes).
Le lendemain nous nous retrouvons donc de nouveau homeless après avoir quittez notre auberge à 10h et après avoir caché nos sacs dans l’auberge nous allons retrouver Ashleigh une australienne avec qui Kevin correspond depuis 1 an par Internet et avec laquelle nous avons rdv.
Ashlheigh ou la bêtise humaine personnifiée :
Devant le manque de décision sur l’endroit où aller nous emmenons Ashleigh dans une crêperie bretonne afin de lui faire découvrir quelques spécialités françaises. L’occasion pour moi de boire mon premier ricard depuis 4 mois et pour Ashleigh de tester une spécialité française, tenez vous bien …. La crêpe au sucre.
Le repas est l’occasion de découvrir qu’Ashleigh est en fait une grosse facho doublé d’une abrutie et il faut que Kevin me retienne pour que je ne quitte pas le restaurant au milieu de ma crêpe après qu’elle ait affirmé d’un ton très sérieux « Les Aborigènes c’est tous des parasites » ou encore « Si en France vous avez tous ces problèmes c’est à cause des immigrés ».
Charmant donc, nous lui expliquons quand même notre situation de sans abris avec le secret espoir qu’elle nous propose de nous héberger (enfin pour Kevin moi je songeais surtout à quelle excuse je sortirais à la police si jamais elle venait à s’étouffer avec sa crêpe et mourrait sans que je tente quoi que ce soit pour la sauver).
Et bien que nenni cela ne lui a pas traversé l’esprit une seule seconde qu’elle puisse nous héberger et au lieu de nous aider dans notre recherche d’un endroit où passer la nuit elle nous propose de nous emmener visiter Melbourne.
Je ne comprend toujours pas comment Kevin a réussi à me convaincre d’accepter mais pour finir nous la suivons pour ce que nous croyions être une petite visite guidé de Melbourne. L’occasion de prendre 2 photos de la Yarra (la rivière qui traverse la ville, leur Rhône à euxJ) :
(profitez bien c’est les 2 seules de Melbourne).
Quelle ne fut pas notre surprise quand nous découvrîmes qu’au lieu d’une visite guidée de la ville cette dinde nous a conduit « in the best place of the town » j’ai nommé « The Crown » le plus grand casino du Victoria.
La c’est la goutte d’eau qui fait déborder le château d’eau et après l’avoir remercier pour sa magnifique « visite » nous la quittons à jamais.
Après avoir bêtement perdu notre journée nous nous mettons à la recherche active d’un endroit où dormir et après un passage éclair à l’office de tourisme de Melbourne nous appelons absolument tout les backapckers de Melbourne et des environs (ça fait quand même 58 coups de fils).
Et nous finissons quand même par en dégoter un à St-Kilda la plage de Melbourne située à 15min en tram du centre ville.
Hi I’m looking for a job:
Une fois installé et assuré d’avoir un logement pour une semaine au moins nous nous mettons à rechercher du travail. Et après une semaine entière de prospection, environ 123km parcouru à faire du porte à porte et un demi millier de CV distribués fort est de constater qu’il n’y a pas de boulot en cette période (Australian Open de m****).
Nous avons quand même connu une fausse joie : Kirsty (et non pas Kristy) une australienne dont j’avais eu les coordonnés par une amie française et avec qui j’ai échangé quelques mail en arrivant sur Melbourne nous propose de travailler dans le restaurant grecque dans lequel elle travaille. Nous passons lui apporter les CV même si elle nous assure que c’est inutile que la patronne va nous prendre tous les 2 c’est sur elle cherche à mort de personnel et elle va nous pistonner. D’après elle inutile de continuer à chercher du boulot notre place est chez les grec.
Ce que nous ne faisons pas et après avoir déposer les CV en milieu de semaine et n’ayant toujours pas de réponse le week-end (n’en n’ayant toujours pas à ce jour d’ailleurs), nous décidons que tant qu’à faire des boulots de merde puisque c’est tous ce qui reste (Subway, mcdo…) autant les faire en plein air et nous décidons donc de quitter Melbourne pour aller faire du fruitpicking.
Nous nous renseignons donc sur les plans picking au alentour de Melbourne et tout nous dirige vers Shepparton une ville à 200km au nord de Melbourne célèbre pour sa très grande région agricole.
Justement nous sommes en pleine période de récolte de pêches et les environs de Shepparton regorge de verger de pêcher , nous prenons donc cette fois des précautions et nous appelons l’agence de placement des fruitpicker en leur demandant si c’est bien sur qu’en venant nous allons trouver du boulot.
La réponse étant positive («sur à 100%, nous avons 124 places disponibles pour récolter des pêches chez 4 agriculteurs différents ») nous prenons un billet de train pour le lendemain.
Avant de quitter Melbourne nous achetons nos billets d’avion pour notre prochaine destination une fois nos familles reparties au pays : la Nouvelle-Zélande départ le 16 mars pour un mois et demi de vacances.
Et la veille de notre départ nous décidons de nous payer un attrape pigeon, un tour en bateau depuis le port de st kilda pour nous emmener voir des pingouins au coucher du soleil. Nous nous faisons royalement arnaquer puisque après avoir payé une petite fortune le bateau ne navigue que 3 petites minutes pour nous emmener sur une plage à 300 m de l’embarquement (accessible à pied) où nous voyons de tout petits pingouins complètement éblouis par les projecteurs du bateau. Mais bon un touriste qui ne se fait pas arnaquer c’est pas vraiment un touriste !
Shepparton les galères recommencent :
En ce dimanche midi nous débarquons dans la petite bourgade de Shepparton et l’agence de placement étant fermée nous nous mettons tout d’abord à la recherche d’un lieu où dormir et c’est avec amertume que nous constatons que la leçon de Melbourne ne nous a pas servi puisque les 2 seuls backpackers sont archi complet (pour notre décharge on avait cherché le numéro de téléphone des backpack sur le net avant de venir mais impossible de les trouver).
Après avoir appelé tout les motels, hôtels et caravan park de la ville nous trouvons une chambre dans un motel pour pas trop cher (l’occasion de découvrir le « luxe » des motels : salle de bains dans la chambre, frigo, TV et femme de chambre tout les matins qui fait le ménages et changes les serviette de bains …)
Tout allait donc bien (même si cette chambre commençait sérieusement à entamer le peu de mes finances encore existante (« mais c’est pas grave dès demain on commence à travailler »)) jusqu’à ce qu’un orage hyper violent éclate durant la nuit et ravage pendant 19h toute les exploitations agricoles de la région.
N’ayant pas pensé aux conséquences d’un peu de pluie nous nous pointons le lendemain à l’agence de placement et c’est avec consternation que nous apprenons que toute les exploitations sont endommagées que tout est détruit et qu’il n’y a donc pas de boulot avant « peut être » la semaine prochaine.
La c’est carrément le bad c’est vraiment la poisse qui s’abat sur nous pour nous empêcher de bosser mais comme dit mon père « c’est la dure réalité de l’agriculture » (prenez un ton solennel pour le dire).
Le bon point c’est que les auberges de jeunesse n’étant remplies que par des travailleurs agricoles ils sont tous partis chercher du boulot ailleurs et il y a à nouveau de la place.
Par contre on ne sait plus trop quoi faire, attendre dans cette ville qu’il fasse à nouveau beau (ce qui est le cas dès le lendemain) et passer tout les jours à l’agence pour les harceler (la nana de l’agence nous a dit qu’il y aurait peut être du boulot dans quelques jours) ou alors bouger dans une autre ville où il y a d’après certains forums du boulot.
Je penchais pour la 1er solution même si comme nous l’avait dit la nana de l’agence ça va être plus dur pour nous d’être placé puisque nous n’avons ni voiture, ni tente, ni matos de camping (réchaud…) et malgré mon compte en banque proche du zéro absolue nous décidons de patienter quelques jours.
Après la pluie le beau temps :
Nous patientons « seulement » 2 jours puisque après être passé 2 fois à l’agence pour les harceler ils finissent par m’appeler mercredi après midi pour me proposer un plan tomatoes picking. Nous faisons la grimace en prévision de ce plan de galérien mais n’ayant pas vraiment le choix et pas beaucoup d’autres solutions nous acceptons.
Nous prenons donc la direction d’un backpacker (pas cher pour une fois) à 25km de Shepparton au cœur d’une immense exploitation de tomates, et nous nous installons dans cette auberge à l’ambiance fort sympathique et multi culturel : 4 allemands, 2 estoniens, 2 israéliens, 2 japonais, 1 Chinois, 1 Coréen, 3 Taiwanaises et maintenant 2 français.
Puis commence la routine du travail qui va durer 3 semaines pour Kevin et 5 semaines pour moi.
Le travail est dur physiquement mais assez simple, une machine passe au milieu des lignes de tomates, 2 sièges sont installés sur les cotés pour les pickers qui versent les tomates sur un tapis roulant au milieu qui va ensuite dans la benne arrière de la machine ; un troisième picker marche derrière pour ramasser les tomates oubliées par les autres.
Nous sommes donc tour à tour 2 fois assis et une fois debout.
Petite photo qui parlera mieux qu’une longue explication :
Pour une fois nous sommes bien équipés pour ce boulot : chaussure de sécurité, pantalon obligatoire malgré les 50° à l’ombre à cause des serpents (mortel sinon ça serait pas marrant) présents dans les hautes herbe , t-shirt à manche longue pour les coups de soleil (manche courte pour moi trop chaud), gants obligatoires à cause des araignées présentes dans les pieds de tomates (mortelle elles aussi), casquette pour le soleil et filet anti-mouche pour les millions de mouche qui nous harcèlent en permanence.
Petites photos :
Notre premier jour est assez dur car en plus de devoir se lever à 5h nous travaillons au milieu d’une trentaine de sans papiers turques-kowetien-afghan-irakiens-libanais-iraniens dont la moyenne d’age est de 55 ans qui imprime un rythme de travail très soutenu. Nous finissons malgré tout notre première journée de 10h de boulot (6h-16h avec une pause déjeuner d’une demi-heure (non payé bien sur)). 2e jour « seulement » 8h de boulot. Et troisième jour la journée la plus dure pour l’instant : 12h de trimage (6h-18h) sous une chaleur écrasante.
Inutile de vous dire que nous dormons bien le soir.
Ce travail me fait amèrement regretter la tranquillité des salles de classe et j’ai hâte de reprendre les études en rentrant.
Mais petit à petit le rythme commence à venir et les journées s’enchaînent tranquillement.
Je profite de ce boulot pour perfectionner mon arabe à défaut de mon anglais puisque aucun des travailleurs ne parlent un mot d’anglais (après 10 ans en Australie tout de même) et c’est le chauffeur qui fait la traduction anglais - arabe quand le patron vient donner les instructions.
Bref du pur bonheur en perspective …
Voila les dernières nouvelles du front.
A bientôt
Tariel
Petit Jeu : Une réplique d’un célèbre film français s’est glissée dans ce récit, une journée de travail dans les champs de tomates australien à gagner au premier qui retrouve la phrase et le film.
Etapes :
Shepparton